De São Paulo à Rio de Janeiro, Bahia, Recife, l'histoire
d'une passion, mon histoire, commencée un jour de messe, près
d'une plage, et qui m'amène aujourd'hui à Paris pour vous
la raconter au travers d'un art, d'une culture... Je m’appelle Jonatas
« Ratinho » Eliaquim, né en 1981 à São
Paulo au Brésil. Mon père travaillait alors dans une entreprise
de gestion des Infrastructures aériennes nationales. Un travail
qui nous a obligé à déménager très
souvent à travers le Brésil.
A l’âge de 13 ans je suis allé habiter
chez mes grands-parents paternels à Recife, ne suivant pas pour
la première fois mes parents...la grande nouveauté ? Chaque
dimanche je devais me rendre à l’église, mon grand-père
étant le Pasteur. Un dimanche, j’ai « séché
» l’église pour aller à la plage de Piedade
à Recife avec mes amis. Au retour, j’ai rencontré
mon cousin Ameicha qui revenait d’une ronde de capoeira sur la plage,
il était avec son professeur, Zequinha...Et en voyant mon cousin
aussi investi, j’ai eu envie d’en découvrir plus.

Ce fut au début, un parfait alibi pour ne pas être obligé
d’aller à l’église ! Ma famille voyait ça
d’un mauvais œil, pace que certains milieux entretenaient à
l’époque beaucoup d’idées reçues par
rapport à cette discipline : ce n’était pas un «
sport d’élite », contrairement au Jiu Jitsu, au karaté,
au judo… pratiqués dans les milieux « bourgeois »
de la société brésilienne. Mon grand-père,
croyant qu’il allait ainsi m’éloigner de la capoeira,
a voulu plus d’une fois brûler mes abadas !
Malgré tout, j’ai commencé à prendre goût
et à m’entraîner beaucoup. Mon premier professeur s’appelait
Sandro « Indio », il avait un style très contemporain.
Après, j’ai connu ce qu’on appelle au Brésil
la « capoeira de rue ». Avec Zequinha je me rendais à
l’académie au groupe Ginga do Corpo Negro dont le fondateur
est maître Tetê (qui déjà à l’époque
commençait à développer la capoeira en Suisse) pour
m’entraîner avec eux. J’y ai fait connaissance avec
de grands noms : Mestre Casco, Mestre Biliro, Mestre Dode, Mestre Sapo,
Mestre Curisco… J’ai commencé à aller dans les
roda de rue sur la Praça do Diario au centre de Recife, Ingrejinha
de Piedade. Nous allions dans toutes les rondes et manifestations de capoeira
! C’est de toutes ces rencontres et échanges que ma passion
est née.
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